Promotion
de l'irrigation localisée dans le périmètre irrigué
de la basse Moulouya au Maroc
C.
Tizaoui
Le périmètre irrigué de la basse
Moulouya s'étend sur 65 400 ha en grande hydraulique, sous un climat semi-aride
et des précipitations faibles et irrégulières (300 mm/an),
et utilise l'eau provient du barrage Mohamed V, dont la capacité est réduite
par l'envasement à 331 millions de m3 (potentiel diminué de moitié).
La baisse des apports depuis les années 80 en raison des sécheresses
et de la diminution de la capacité du barrage conduit à une situation
imminente de pénurie d'eau dans ce périmètre.
L'irrigation
gravitaire est le système le plus répandu (plus de 75 % de la superficie),
mais connu pour ses mauvaises performances (uniformité d'irrigation, efficience
d'application à la parcelle) et les pertes en eau enregistrées sont
inacceptables dans des conditions de ressources en eau limitée. En 1998,
face à cette situation préoccupante, un projet de reconversion de
ce mode d'irrigation en techniques modernes et performantes, comme l'irrigation
localisée (au goutte-à-goutte), a été lancé
par l'office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM).
Plusieurs actions ont été entreprises, notamment la création
d'une cellule d'étude des projets d'irrigation localisée et d'encadrement
technique.
Dans le cadre de cette reconversion, depuis 2002, les subventions
atteignent 40 % du coût à la charge de l'agriculteur, et des primes
sont attribuées pour le rajeunissement des vergers d'agrumes. La reconversion
en irrigation localisée concerne déjà 2 300 ha, surface encore
faible par rapport au projet de 18 000 ha pour 2010 (dont 16 000 ha actuellement
en gravitaire, 2 000 ha par aspersion). La progression lente de cette reconversion
est liée au coût des bassins de stockage, indispensables car le réseau
d'irrigation est conçu selon un tour d'eau et la zone ne dispose pas de
nappe phréatique de bonne qualité. L'étude financière
des projets d'irrigation localisée montre que le coût/ha décroît
avec l'augmentation de la superficie aménagée, alors que le coût
du matériel de transport et de distribution est constant (13 000 Dh/ha).
L'ORMVAM mettra donc en place des projets collectifs pilotes au profit des petits
agriculteurs afin de réduire le coût. Ces projets seront gérés
par des associations d'usagers d'eau d'irrigation, qui acquerront un savoir-faire
de la gestion collective de l'irrigation.
Mots-clés
: association d'usagers de l'eau, bassin de stockage, irrigation gravitaire, irrigation
localisée, Moulouya