Diagnostic
des pratiques d'irrigation gravitaire et possibilités d'amélioration
dans le Gharb au Maroc
A
Taky, J.C Mailhol, A Debbarh, S. Bouarfa, A. Hammani, D. Zimmer, P. Ruelle, K.
Belabbes
Dans la plaine du Gharb, le plus important périmètre
du Maroc est aménagé en grande hydraulique sur 107 000 ha, dont
87 000 ha en irrigation gravitaire et 19 700 ha en irrigation par aspersion.
L'irrigation
gravitaire, technique la plus ancienne, occupe une place importante, car elle
est moins complexe à mettre en uvre et moins exigeante en moyens
à l'échelle de la parcelle comparée aux autres sytèmes.
Mais elle nécessite un aménagement interne correct des parcelles,
et souvent le mauvais état des arroseurs et du nivellement rend impossible
l'application des doses d'eau préconisées dans le plan d'aménagement.
Dans le Gharb, trois systèmes d'irrigation gravitaire coexistent :
la raie longue (80 à 130 m de long) sur 18 000 ha, la robta (dispositif
court) sur 57 000 ha, le bassin à fond plat (technique de submersion) sur
13 500 ha. L'expansion du système de la robta résulterait principalement
d'une adaptation des agriculteurs à la dégradation du nivellement
- provenant de mauvaises pratiques culturales, du manque d'entretien et de la
répartition inadéquate de l'eau en tête de parcelle. Toutefois,
aussi bien les dispositifs longs (raie) que les dispositifs courts (robta), tels
qu'ils sont pratiqués dans le Gharb, sont inefficients sur le plan agronomique
et ne favorisent pas le ruissellement hivernal mais plutôt la stagnation
d'eau. En outre, le développement de l'irrigation gravitaire modernisée
à la raie longue est freiné par de nombreuses contraintes : morcellement
du foncier, faible participation des agriculteurs aux décisions, défaut
de maintenance, manque d'expérience de ceux qui gèrent l'eau à
la parcelle. Ainsi, les zones où l'irrigation gravitaire est dominante
semblent le plus souffrir d'excès d'eau. Ce constat conduit à s'interroger
sur les pratiques de l'irrigation gravitaire : un diagnostic de terrain, l'étude
de l'évolution des pratiques et de leurs adaptations sont relatés
dans cette communication. A la lumière de ces résultats, il est
recommandé en particulier de prévoir des subventions pour réhabiliter
l'irrigation gravitaire en remettant en état le nivellement et d'encourager
l'installation d'entrepreneurs pour réaliser les travaux de nivellement
et de curage.
Mots clés :
excès d'eau, irrigation gravitaire, nivellement, robta, ruissellement,
raie, Gharb, Maroc.