Diagnostic
des pratiques d'irrigation gravitaire dans le Moyen Sebou (Maroc) : perspectives
d'améliorations
J.C.
Mailhol, A. Vodicka, P., Ruelle, A. Slatni, M. Ikama
Quatre
systèmes d'irrigation gravitaire coexistent dans le périmètre
du Moyen-Sebou (Maroc) récemment aménagé en réseaux
collectifs : irrigation par submersion, à la planche, à la robta
en micro-bassins, à la robta en micro-raies. Ils sont généralement
considérés comme peu efficients (problèmes de nivellement,
pertes par infiltration) et consommateurs de main-d'uvre, mais des études
récentes considèrent qu'il est nécessaire d'améliorer
l'efficience agronomique du système de la robta - le plus répandu
dans le Maghreb.
Un suivi qualitatif a été effectué sur
les trois premiers systèmes et un suivi plus précis de l'irrigation
à la robta en micro-raies : mesures des pertes dans l'arroseur et dans
les séguias, mesures d'humidité sur des prélèvements
de sol en profondeur pour évaluer les doses apportées et leur variabilité,
enregistrement des temps de travaux nécessaires aux arrosages. Dans un
contexte jugé favorable, - sol de type argilo-limoneux, absence de contre-pentes
et bonne localisation de la parcelle par rapport au canal quaternaire -, le système
de la robta avec des micro-raies s'est avéré très efficient
du point de vue hydraulique (Eh = 88 %), mais exigeant en main-d'uvre, plus
d'une personne présente par hectare (deux ouvriers travaillent sur une
superficie de 1,5 ha durant 6 à 8 h). En outre, la densité de plantation,
dans le cas du maïs (6 pieds/m2), est limitée par l'occupation de
terrain nécessaire au transfert de l'eau dans les séguias et aux
bassins : ces pertes sont estimées à 17 % de la surface de la parcelle
dans le cas du système des micro-raies et à environ 11 % dans le
système des micro-bassins.
Des solutions susceptibles de réduire
les pertes par infiltration et l'occupation de terrain sont proposées,
mais leur rentabilité et leur durabilité sont toutefois incertaines
dans le contexte actuel du prix de l'eau. L'ensemble du système de production
lui-même semble souffrir d'un manque de formation des agriculteurs. Ces
conseils concerneraient le choix des doses et des fréquences d'irrigation
ainsi que les itinéraires techniques comme les dates de semis recommandées,
pour éviter par exemple que le maïs soit soumis à de trop fortes
températures lors de la fécondation.
Mots-clés
: efficience de l'eau, infiltration, irrigation à la planche, irrigation
à la robta, irrigation à la raie, irrigation en micro-bassins, itinéraire
technique, séguia, seuil Parshall, submersion, Moyen-Sébou, Maroc,
Maghreb