Performances
des stations de pompages en irrigation :
application aux forages de petits
périmètres irrigués de la plaine de Kairouan (Tunisie) et
impact des dysfonctionnements sur le prix de l'eau
J.P.
Luc, J. Tarhouni, R. Calvez, M. Liman , C. Sablayrolles
Lorsqu'une
élévation de l'eau de nappes ou une mise en pression est nécessaire
au fonctionnement des systèmes modernes d'irrigation dans un périmètre,
on utilise presque exclusivement des pompes centrifuges. La facture énergétique
représente donc une part importante du coût de l'eau. Or, le rendement
de ces machines est très dépendant de leurs conditions de fonctionnement
et de leur usure et toute déviation par rapport aux conditions optimales
entraîne des surcoûts énergétiques importants.
L'objectif
est de proposer une méthodologie pour évaluer les performances de
ces équipements. Des indicateurs accessibles (énergie unitaire,
énergie volumique absorbée réelle, volume spécifique
pompé, coefficient de volume spécifique pompé) sont définis
et des valeurs de référence fournies à partir des données
des constructeurs. Les différentes méthodes d'estimation des volumes
pompés sont critiquées.
Les tests proposés sur les données
volumiques indiquent le type de mesure réalisé pour les volumes
pompés ainsi que leur dérive dans le temps (utilisation du débit
nominal, compteur volumétrique). Pour les mesures d'énergie, l'absence
de synchronisation entre les relevés temporels et énergétiques
implique de cumuler les données pour obtenir la puissance consommée
- lors de conditions stables de fonctionnement des pompes et si chaque pompe dispose
d'un compteur d'énergie.
Un ensemble de 18 stations de pompage sur
forage alimentant des petits périmètres irrigués de la plaine
de Kairouan en Tunisie centrale a été testé. La vétusté
des équipements peut engendrer des rendements très faibles dont
la conséquence principale est une augmentation des coûts de pompage
(consommation énergétique et surcoût de maintenance). Ce diagnostic
met donc bien en évidence l'intérêt d'un suivi précis
de chaque ouvrage. Les divergences observées dans les ratios entre les
volumes pompés et l'énergie consommée par rapport à
ceux attendus en conditions optimales de fonctionnement conduisent au raisonnement
suivant : si les données obtenues sont justes, le dysfonctionnement provient
de l'inadaptation de l'équipement hydroélectrique au fonctionnement
hydraulique de l'installation ; ou bien si les données sont fausses, ce
dysfonctionnement provient des erreurs de gestion des pompistes et les quantités
d'eau pompées sont alors sous-estimées. Dans les deux cas, un surcoût
est payé par l'Administration. Dans la moitié des stations, les
surcoûts d'énergie dépassent 20 % , voire 50 % pour près
du quart d'entre elles.
Mots-clés
: énergie consommée, évaluation, forage, indicateur, maintenance,
matériel, performance, station de pompage, Kairouan, Tunisie