Base de connaissances sur la gestion de la demande en eau dans le Maghreb

ProjetBase de connaissanceSéminaire 2004
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Evolution de la ressource en eau dans la vallée du Merguellil (Tunisie centrale)
C. Leduc, R. Calvez, R. Beji, Y. Nazoumou, G. Lacombe, C. Aouadi

La plaine de Kairouan (Tunisie centrale) se trouve au débouché de trois vallées, Zéroud, Merguellil et Nebhana. Dans ce contexte semi-aride (200 à 400 mm/an), l'intensification de l'irrigation au cours des dernières décennies a suscité une forte hausse de la demande en eau. Dans le même temps, de nombreux aménagements (ouvrages de conservation des eaux et des sols, barrages de protection contre les crues sur les trois oueds) ont perturbé l'ensemble du fonctionnement hydrologique. La distribution des eaux superficielle et souterraine a donc considérablement évolué. Le bassin du Merguellil, considéré comme un cas typique du Bassin méditerranéen, accueille le programme MERGUSIE, associant des partenaires français et tunisiens. A l'aval du barrage el Haouareb, la nappe alluviale quaternaire est devenue la seule ressource en eau disponible. Exploitée sans réel contrôle, son niveau baisse sensiblement (de 0,25 à 1 m par an), car elle ne reçoit plus les crues de l'oued, retenues par le barrage, mais seulement les apports des nappes latérales et le flux souterrain passant sous le barrage.
L'avenir du développement agricole régional dépend donc des ressources d'eau souterraine, il est donc primordial de bien les connaître. Malgré de multiples mesures de terrain (réseau d'observation piézométrique depuis 1966) depuis plusieurs décennies, le bilan actuel de la nappe est très incertain, à la fois sur les flux entrants et sortants. Depuis 1989, le mouvement majeur est la baisse provoquée par l'augmentation des pompages à l'aval (de 6 à 10 m en 10 ans). La surexploitation est nette et générale (en raison de l'augmentation du nombre de forages), ce qui provoque un déséquilibre de la nappe. Aucune solution n'est trouvée - lâchers contrôlés d'eau du barrage, nouvelle valorisation sociale et économique (cultures peu exigeantes en eau, irrigation au goutte-à-goutte) - et les autorités en charge de la gestion de la nappe ne sont pas en mesure de limiter les pompages. Le risque d'augmentation de la minéralisation existe mais ce problème est moins grave et moins immédiat que la baisse du niveau des nappes. Etant donné les nombreuses incertitudes sur les différents termes du bilan de la nappe, le projet prévoit de poursuivre la modélisation entreprise et de la détailler pour les différentes régions, afin de bâtir un outil de gestion intégrée des ressources en eau.

Mots-clés : nappe, irrigation, minéralisation, ressource en eau, surexploitation, zone semi-aride, Tunisie, Kairouan, plaine du Merguellil

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