Rôle
des laboratoires d'essais dans le processus de modernisation des irrigations
A.
Laiti, Y. Penadille, T. Chati
De nombreux gouvernements ont
entrepris une politique de modernisation de l'irrigation avec un double objectif
: d'une part augmenter les surfaces irriguées pour répondre à
la demande alimentaire croissante et d'autre part diminuer les volumes d'eau alloués
à l'agriculture, en concurrence avec les besoins en eau potable et industrielle.
Ces projets impliquent une amélioration de l'efficience de l'irrigation
des cultures, notamment par l'adoption de nouvelles techniques d'irrigation.
Au
Maroc, les dossiers de demande de subvention pour des équipements en irrigation
localisée doivent être accompagnés des résultats des
performances hydrauliques des matériels prévus. Le rôle d'un
laboratoire d'essai est donc d'accompagner la réalisation des projets :
constitution des dossiers, diagnostic des matériels d'irrigation présents
sur le marché, préparation et conception de l'aménagement
en fonction des matériels disponibles.
Créés ces 30 dernières
années, une douzaine de laboratoires existent dans le monde (Chine, Espagne,
Etats-Unis, France, Israël, Japon, Maroc
), certains sont publics, d'autres
privés. Les deux laboratoires présentés sont reconnus et
actifs dans le domaine de l'irrigation localisée ; il s'agit du laboratoire
d'essai des matériels d'irrigation du CEMAGREF, créé en 1969,
en France, et du laboratoire du SEEN installé au Maroc depuis 1997. Ces
laboratoires testent les différents matériels selon les protocoles
des normes ISO ou selon les normes de la Commission européenne de normalisation.
Les résultats servent à orienter les choix de matériels pour
l'irrigation localisée, à conseiller leur emploi sur le terrain
et incitent à assainir le marché de matériels mal adaptés
ou non conformes. Les mesures effectuées sur les goutteurs utilisés
en irrigation localisée portent par exemple sur la détermination
du coefficient de variation technologique ou l'homogénéité
de fabrication, sur la connaissance du débit nominal et du débit
moyen, sur la sensibilité à l'obstruction physique. Ces informations
permettent de dimensionner les installations et de sélectionner les matériels
adéquats.
Cependant, certains industriels risquant de remettre en cause
les résultats des laboratoires, ceux-ci doivent donc être irréprochables
et obtenir une accréditation pour la conduite des mesures.
Mots-clés
: CEMAGREF, matériel d'irrigation localisée, goutteur, irrigation
localisée, laboratoire, SEEN, France, Maroc