Stratégie
d'amélioration du service de l'eau et impacts sur les performances de l'irrigation
dans le périmètre de la Moulouya
A.
El Ghali, A. El Kassimi, M. Ghannami
L'aridité du climat,
l'irrégularité des précipitations, ainsi que les sécheresses
de plus en plus fréquentes font de l'irrigation un impératif technique
incontournable dans la politique de développement agricole et rural au
Maroc. Le périmètre irrigué de la Moulouya est un exemple
de l'importance de l'irrigation en agriculture. Le système d'irrigation
gravitaire y est dominant, l'irrigation par aspersion concerne 22 % des surfaces
et l'irrigation localisée 3,5 %, l'arboriculture fruitière couvre
plus du tiers des surfaces, la betterave à sucre 4 000 ha, et la céréaliculture
15 000 ha.
En effet, disposant d'atouts importants, (superficie équipée
en " grande hydraulique " de 65 000 ha, sols très favorables,
savoir-faire capitalisé par les fermiers, la proximité du marché
européen et un tissu agro-industriel prometteur), le périmètre
de la Moulouya est confronté à des contraintes techniques qui menacent
l'agriculture (réduction de plus de la moitié des capacités
de stockage à cause de l'envasement des barrages, variabilité des
apports d'eau, vétusté des infrastructures hydro-agricoles, usage
mixte des canaux principaux, morcellement des terres).
Pour atténuer
ces contraintes, l'Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya
(couvrant une zone de 550 000 ha) a mis en uvre un plan d'amélioration
du service de l'eau qui comprend la réhabilitation des infrastructures,
la promotion de mesures pour économiser l'eau et le développement
du management participatif. Il représente le deuxième projet d'amélioration
de la grande irrigation (PAGI 2) financé par la Banque mondiale et se poursuit
au sein du projet de réhabilitation de la grande irrigation (PRGI) financé
par la Banque européenne d'investissement. La mise en uvre de ces
actions a induit l'amélioration des performances de l'irrigation, que reflètent
plusieurs indicateurs : l'efficience, le taux de maintenance, la disponibilité
opérationnelle des réseaux d'irrigation, des critères ayant
trait à l'économie de l'eau et à l'implication des usagers
dans la gestion de l'eau. Le maintien du niveau de performance, résultant
de ces projets, dépend de l'harmonisation des efforts attendus de tous
les intervenants locaux et nationaux, et plus particulièrement de la participation
des agriculteurs au sein des associations et de leur contribution aux économies
d'eau à la parcelle.
Mots clefs
: agriculteurs, participation, performances d'irrigation, réhabilitation,
service de l'eau, Moulouya, Maroc.
