Un
exemple d'action de coopération française pour le renforcement des
compétences des associations d'usagers de l'eau :
Formations et échanges
d'expériences menés par l'Union des associations syndicales autorisées
de 1996 à 2002
R.
Roussies1, S. Gay2, M. Ducrocq3, P. Garin4
Au cours du séminaire
de Marrakech sur la gestion participative en irrigation, de décembre 1995,
des représentants d'associations françaises d'irrigants avaient
exposé leur expérience et ont été sollicités
par le ministère marocain de l'agriculture via le CEMAGREF, pour former
des responsables d'associations marocaines d'usagers de l'eau.
Les associations
d'irrigants françaises, (les associations syndicales autorisées
et leurs unions), sont décrites et les missions de maître d'ouvrage
délégué assumées par l'Union des associations syndicales
autorisées du Lot dans le département sont exposées. Ces
actions sont resituées dans un contexte historique d'émergence de
la cogestion de la politique agricole par les organisations professionnelles agricoles
en France. Des agriculteurs engagés dans les institutions impliquées
dans l'agriculture (crédit, foncier, agrofourniture, agroalimentaire et
marchés) ont contribué ainsi à la modernisation de ce secteur.
L'expansion de l'irrigation a ainsi été soutenue politiquement et
financièrement. Dans le Lot, l'Union des associations syndicales autorisées
a servi de porte-voix à des leaders paysans convaincus que des aménagements
collectifs d'irrigation étaient indispensables pour accroître et
sécuriser la ressource en eau, et implanter des productions à haute
valeur ajoutée.
De 1996 à 2002, des actions de coopération
ont été menées par l'Union des associations syndicales autorisées
et la chambre d'agriculture du Lot avec les offices régionaux de mise en
valeur agricole du Maroc. Des formateurs de techniciens d'associations d'usagers
de l'eau ont été initiés aux aspects techniques, organisationnels
et juridiques de la gestion de périmètre irrigué, aux fonctions
d'appui aux associations d'irrigants et au conseil en irrigation. Centrée
sur l'irrigation, cette approche a montré ses limites et les partenaires
français ont souhaité l'élargir au repérage et à
l'accompagnement de projets de développement agricole (comprenant aussi
l'amélioration de la desserte en eau), lancés par des leaders paysans.
Des ateliers divers ont été organisés, - la production de
melon, l'achat collectif d'une ensileuse, etc. Cette approche est-elle pertinente
dans le contexte marocain ? Comment repérer les agriculteurs leaders ?
Faut-il améliorer leurs compétences et dans quels domaines, pour
leur confier quels rôles ? Comment prendre en charge l'accompagnement de
ces personnes dans leur projet ?
Mots-clés : association d'usagers
de l'eau, coopération française, formation, gestion de périmètre
irrigué, office régional de mise en valeur agricole, organisation
professionnelle agricole, France, Lot, Maroc