Modernisation
de la gestion de l'irrigation dans le périmètre du Loukkos (Maroc)
M. El Kellouti
Situé
au nord-ouest du Maroc, le périmètre du Loukkos couvre 256 000 ha,
dont une partie en grande irrigation sur 27 000 ha, mise en eau entre 1978 et
1998, majoritairement irriguée par aspersion. Les équipements comportent
les stations de pompage (20), les canaux adducteurs (40 km), les réservoirs
de régulation (14), les réseaux de routes et de pistes (710 km),
les bornes d'irrigation (3466) et les ouvrages d'art. Avant la campagne d'irrigation,
l'office exprime les besoins prévisionnels en eau du périmètre
et en concertation avec l'Agence du bassin hydraulique du Loukkos, les lâchers
sont programmés à partir du barrage oued El Makhazine. Une première
station de pompage alimente les secteurs R'mel et Drader en refoulant les eaux
d'irrigation vers une deuxième station de pompage, qui permet de relever
l'eau d'irrigation vers les canaux adducteurs, qui passe dans un réseau
de conduites sous pression jusqu'aux bornes proches des parcelles et équipées
de compteurs. Ce système permet à l'organisme gestionnaire de programmer
ses interventions pour assurer le meilleur service possible, notamment la continuité
de la fourniture de l'eau, la sécurité et le maintien en bon état
des ouvrages.
Cependant, des difficultés sont apparues après
une dizaine d'années de fonctionnement dans les premiers périmètres
équipés (R'Mel et Drader) : vétusté des équipements,
vandalisme, non respect des paramètres d'irrigation par les usagers, défaut
de maintenance des matériels collectifs. Les conséquences les plus
préoccupantes sont le gaspillage de l'eau, la remontée de la nappe
phréatique, la dégradation des équipements et une forte consommation
d'énergie. De plus, le taux de recouvrement des redevances ne dépasse
pas 40 %. Dans le cadre du Programme d'amélioration de la grande irrigation,
des actions ont été décidées pour résoudre
ces problèmes : changer la trame d'irrigation et individualiser les bornes
(comptabilisation de la consommation d'eau), réhabiliter et moderniser
les systèmes d'irrigation (stations de pompage), faire participer les usagers
à la gestion de l'eau (contrôle de l'irrigation, renouvellement du
matériel mobile, paiement des redevances), promouvoir des techniques économes
en eau (irrigation au goutte-à-goutte sur 6 500 ha en 2003). Ainsi des
économies d'eau importantes ont été réalisées,
mais la facture énergétique reste élevée, de même
que le taux de non recouvrement des redevances.
Mots-clés : gaspillage
de l'eau, remontée de la nappe phréatique, fourniture d'eau, périmètre
irrigué, Maroc, Loukkos