L'irrigation
gravitaire par micro-raie en Algérie. Propositions pour une amélioration
de la pratique ou une modernisation de la technique. Quelles alternatives ?
En
Algérie, seulement 4 % de la surface agricole utile est irriguée,
notamment en raison du manque d'eau et les quotas alloués ont diminué
à cause de la sécheresse, car en 2000 et 2001, l'eau stockée
représente 30 % des capacités des barrages. L'irrigation gravitaire
à la parcelle, par micro-raies ou robta et par micro-bassins, est le mode
dominant, mais on constate que l'adduction vers les périmètres,
les mauvais raccordements et les infiltrations représentent plus de 50
% des pertes en eau. Sur un peu moins de la moitié des surfaces sont pratiquées
l'irrigation par aspersion ou l'irrigation localisée.
Vu le contexte
socio-juridique actuel très complexe, l'irrigation gravitaire conserve
des atouts majeurs (faible coût, adaptabilité
), son évolution
se fera en améliorant les pratiques progressivement vers la modernisation.
Localisée
dans la plaine de la Mitidja, l'étude consiste à mesurer les différents
paramètres de l'irrigation par micro-raies chez un agriculteur sur une
culture de poivron, à l'aide de sondes neutroniques et tensiométriques.
Le suivi du profil hydrique entre les irrigations indique un gradient dans la
parcelle entre les parties haute et basse et un gradient en profondeur, l'horizon
60 cm se révélant trop humide, l'eau est donc apportée en
excès. En outre, on a mesuré des pertes importantes (30 % en fin
de parcours) dans les séguias de distribution de l'eau à la parcelle
et celles-ci ne sont pas mises en valeur par des cultures secondaires.
Par
ailleurs, une amélioration de ce mode d'irrigation, avec des raies plus
longues (60 m), a été testée à la station de l'INA,
comparée à des raies courtes pour trois combinaisons de débit
sur une culture de tomate. Ce dispositif permettrait de réduire la surface
occupée par les séguias et d'augmenter la densité de plantation.
Il est aussi envisagé de tapisser les séguias d'un revêtement
afin de limiter les pertes. Enfin, il serait souhaitable que les irrigants se
regroupent et échangent les recommandations techniques.
Mots-clés
: agriculteur, débit, infiltration, irrigation à la raie, irrigation
en bassin, robta, modernisation, perte en eau, séguia, station expérimentale,
Algérie, Mitidja