Participation et durabilité de l’agriculture irriguée
Auteurs : Patrick CARON
Mohamed EL ALAOUI
Mots clés :
Participation, Gestion de l'eau, Stratégie, Utilisation de l'eau, Pratique, Règles d'action, Modalités d'action, Acteurs, Contribution, Adhésion.Corps du message :
La participation est de nos jours initiée et promue par les institutions nationales et internationales comme la voie vers la durabilité de l’agriculture irriguée. Elle se traduit effectivement par un désengagement de l’Etat, par une redéfinition des missions et fonctions des différents acteurs et par un changement de statut de la ressource et du service de l’eau.
Toutefois, les écarts entre discours théoriques, déclarations d’intention et réalités observées sont importants. Il est donc nécessaire d’accompagner les expériences en cours, en particulier à l’échelle locale, et d’en tirer parti. Il convient pour cela de tenir compte de la diversité des situations, en particulier sociales et politiques, et des solutions apportées ici ou là, et de ne pas considérer, dans ce domaine, les réponses comme universelles.
L’adhésion et la contribution des acteurs concernés à ce mouvement " décrété " par l’Etat sont variables, souvent faibles, et l’on peut alors questionner la nature démocratique des actions. En outre, peu de projets s’adossent aux moteurs de l’action collective et aux initiatives locales. On peut ainsi questionner la compatibilité et la synergie entre ces pratiques de participation et les institutions des groupes sociaux concernés, ainsi que les ajustements qui s’opèrent entre ces différentes règles de fonctionnement, en particulier la redéfinition des règles d’action collective .
La mise en œuvre d’actions de promotion de la participation ne se limite pas à un transfert de responsabilités. Elle se traduit également par de nouvelles coordinations entre acteurs, parfois par de nouvelles tensions, voire des conflits. Comment en rendre compte ? Comment accompagner au mieux ces mouvements, dans une perspective de durabilité ?
La participation est en passe de devenir une fin en soi. Pour éviter qu’il en soit ainsi, il convient d’évaluer l’impact de ces nouvelles pratiques sur la durabilité de la ressource sur la qualité du service de l’eau et sur le développement économique et social. Une telle évaluation soulève cependant de nombreuses questions scientifiques et méthodologiques.
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