Stratégies nationales d’économie d’eau
Auteur : Akissa BAHRI
Mots clés :
Politique d'économie de l'eau, Stratégie nationale d'économie d'eau, Libéralisation des échanges, Modernisation, Réhabilitation, Désengagement, Tarification de l'eau, Association d'usagers, Agriculture familiale, Privatisation, Recouvrement du coût du service de l'eau.
Corps du message :
Des programmes nationaux d'économie de l'eau ont été mis en place dans les différents pays du Maghreb pour pallier les tensions croissantes sur les ressources en eau. Ils se traduisent par un maintien de l'engagement de l'Etat dans la gestion des ressources, la définition de priorités d'allocation, et mettent l'accent sur la réhabilitation et la modernisation des périmètres irrigués. Ces programmes (ou politiques) sont menés en parallèle avec un désengagement progressif de l'Etat de l'exploitation et de la maintenance des infrastructures d'irrigation et de transfert de ces fonctions aux usagers.
A l'échelle d'un Etat, ces différentes politiques sont-elles cohérentes ? La tendance au désengagement financier et technique n'est pas toujours compatible avec la volonté de réformer et de moderniser les organismes de gestion. Le secteur privé et les associations d'usagers sont sollicités. Le partage des tâches a été défini par l'Etat plus ou moins implicitement: les associations d'usagers (voire le secteur privé) doivent prendre en charge la répartition et la distribution de l'eau, l'agriculteur l'aménagement de ses parcelles et le secteur privé la fourniture d'équipement.
Ces trois types d'acteurs ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Pour la partie distribution de l'eau, cela nécessite la mise en place d'un dispositif pour le recouvrement des coûts (via l'adhésion des usagers). Or, c'est encore souvent l'Etat qui définit le tarif de l'eau, empêchant les mécanismes de coordination entre le gestionnaire du réseau et la structure en charge de la distribution de s'activer. Dans les pays, où ces mécanismes ont été définis, il reste à évaluer leur efficacité et leurs limites pour pouvoir les mettre en place dans d'autres pays
La "privatisation" des services assurés par l'Etat pose le problème du maintien d'une agriculture de type familiale et des populations en milieu rural. La "modernisation" est trop souvent synonyme de sélection d'une agriculture entrepreneuriale, qui risque d'accroître les disparités entre exploitations et de favoriser l'exode rural.
Les questions foncières et les règles de succession sont au cœur de nombreux blocages des politiques de modernisation: réduction de la taille des exploitations, morcellement, propriété de la terre, droit d'eau, accès au crédit bancaire et aux subventions, compatibilité des équipements d'irrigation... Les politiques dans ce domaine qui restent sectorielles, doivent être mises en cohérence pour résoudre les problèmes d'application.
La libéralisation des échanges modifiera profondément les choix des agriculteurs en matière d'assolements (et donc la demande en eau agricole), qui sont guidés par des critères de sécurité, de valorisation de la production ou d'accès aux intrants.
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