La reconversion à la micro irrigation n’est pas la solution miracle !
Auteur : Sami BOUARFA
Mots clés :
Reconversion, Technique d’irrigation, Gouttes à gouttes, Irrigation localisée , Subvention, Micro-irrigation, Productivité de l’eau, Epargne de l’eau, Economie d’eau, Formation, Surconsommations d’eau, Irrigation gravitaire, Grande hydraulique, Bassin, Systèmes de distribution, Qualité du service de l’eau, Mutualisation des équipements, Eaux souterraines, Fournisseurs d’équipement, Sociétés de travaux, Normalisation , Qualité des matériels, Performance des matériels, Code d’investissement, Appui technique, Conception, Installation, Faire valoir.
Corps du message :
Les politiques nationales d’économie d’eau mettent l’accent sur la reconversion des systèmes d’irrigation gravitaire vers les systèmes d’irrigation localisée comme moyen efficace pour
économiser l’eau. Cependant les succès des politiques de reconversion, dans leur efficacité à épargner de l’eau et dans leur mise en œuvre rencontrent des limites.La reconversion permet des gains de main d’œuvre et la mise en place de systèmes de culture à forte valeur ajoutée. Si ces progrès conduisent à une augmentation de la productivité de l’eau, ils ne s’accompagnent en général pas d’une diminution de sa consommation car les nouvelles cultures mises en place consomment beaucoup d’eau et que le temps de travail gagné permet l’extension des surfaces irriguées.
En grande hydraulique au Maghreb, la majorité des agriculteurs exercent leur activité au sein d’exploitations familiales de petite taille, dont les modes de faire valoir sont hétérogènes. Ces exploitations rencontrent des difficultés à recourir aux aides de l’état pour moderniser leurs équipements, ce qui limite la portée sociale de la politique de reconversion. En outre, la rigidité des systèmes de distribution gravitaires et la faible qualité du service de l’eau de l’eau en grande hydraulique pose également problème pour le développement de la micro-irrigation. Pour pallier ces rigidités, les agriculteurs associent souvent reconversion et recours à l’exploitation des eaux souterraines et conduit les grands exploitants à stocker de l’eau dans des bassins. Une de voies possibles pour les petits agriculteurs est de s’associer afin de mutualiser leurs investissements en forages et bassins de stockage.
La micro-irrigation se développe actuellement en grande partie en dehors des périmètres irrigués publics par le secteur privé. Ces installations sont souvent réalisées avec des matériels de qualité hétérogènes sans appui technique. Les fournisseurs d’équipement et les sociétés de travaux ont une responsabilité vis-à-vis de la qualité de ce matériel qui doit faire l’objet de processus de normalisation. Dans le contexte de désengagement de l’état, des formes nouvelles de coordination entre gestionnaire et secteur privé sont à rechercher, afin d’assurer le nécessaire appui à l’utilisation du matériel modernisé auprès des agriculteurs. Sans un niveau minimal de technicité de l’utilisateur, les techniques modernisées peuvent conduire à des baisses de rendements et de surconsommations d’eau.
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